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WORK THEME PARK LA DEFENSE
La Défense Parc d'attractions du travail
Stéphane Degoutin, Gwenola Wagon, 2011
 

Photogrammes extraits du film d'Antoine Viviani Insitu (Arte).
 
  Frames from Antoine Viviani's film Insitu (Arte).
 

Avec la croissance sans fin de l'exclusion, la Défense sera bientôt le dernier quartier de Paris où il restera encore des travailleurs. Nous préparons sa réhabilitation prochaine en parc d'attractions pour l'éducation ludique des exclus. On viendra ici regarder les derniers employés, enfermés dans leurs bureaux, comme on regarde aujourd'hui les derniers artisans au journal de TF1.
 
A l'âge industriel, le travail laissait peu de temps libre. Les parcs d'attractions démocratisaient la mise en spectacle des loisirs. Ils formaient des lieux spécifiques de condensation du plaisir, en permettant aux travailleurs de s'abandonner à des machines industrielles, similaires à celles avec lesquelles ils travaillaient en semaine, mais modifiées pour échapper à la rationalité, des machines devenues folles.

A l'époque postindustrielle, les loisirs sont surabondants, mais c'est le travail qui vient à manquer. Le parc d'attractions de la Défense offre une mise en spectacle du travail. Il permet aux exclus de s'immerger dans une reconstitution condensée du monde du travail, dans laquelle on leur propose, temporairement, une place.
 
Touristes, artistes, intermittents, chômeurs, précaires, indépendants, dandys, oisifs, retraités, familles, enfants, écoles viennent contempler les travailleurs du quartier d'affaires, comme un des derniers volcans en ébullition.
 
Le quartier s'explore comme un grand jardin d'aventure du 20e siècle, spécialisé dans le monde des entreprises et de la finance. Un lieu de concentration des travailleurs, à la manière des anciens zoos humains.
 

 

Regarding the endless growth of exclusion and unemployment, la Défense will soon be the last area in Paris where will remain workers. We prepare itsrehabilitation into a theme park aimed at the ludic education of the rejected. One will come here to look at the last employees, locked in their offices, as today one watches the last craftsmen on tv.

In the industrial age, work left little free time. Theme parks then democratized the spectacle of the leisure. They constituted specific places for the condensation of pleasure, allowing workers to abandon themselves to industrial machines, similar to those with whom they worked during the week, but modified in order to escape rationality, machines that had gone wild.

In the post industrial age, leisure is overabundant, but now it's work which has become scarce. La Défense Theme Park offers a spectacle out of work. It allows the excluded to immerge themselves in a condensed reconstitution of the working world, in which they are offered, temporarily, a place.

Tourists, artists, unemployed, people with insecure jobs, self employed, dandys, idlers, retired, families, children, schols… come here to contemplate the employees of the business district, as one of the last active volcanoes.

La Défense is to be explored as a pleasure garden of the 20th century, specialised in the business and finance worlds. A theme park for the concentration of the workers, like the ancient human zoos.


La Défense incarne le chaos qui naît d'une surenchère permanente de planification.

Labyrinthe de parkings.
Montagnes russes pour automobilistes.
Circulations amplifiées pour augmenter le plaisir du mouvement.
Profusion de passerelles.
La multiplication des circulations y atteint un degré piranésien: profusion infinie de passerelles, cou- loirs souterrains labyrinthiques, espaces variés et ouverts: un dédale tridimensionnel.
Montagnes russes pour piétons
Points de vue
Multiplication des cheminements possibles.
Belvédères pour admirer le passage des travailleurs.

La Défense se présente au visiteur comme un inextricable labyrinthe tridimensionnel d'espaces disposés dans un désordre savant: entrelacs de couloirs, de passerelles, de tunnels, de passages, de galeries commerçantes, de lieux résiduels, de toits d'immeubles, de recoins, espaces improbables, tantôt souterrains, tantôt aériens, dont la hiérarchie et la logique ont définitivement échappé à la rationalité qui était à leur origine.
 
La Défense et ses complexes raffinements spatiaux représentent une sorte de punition pour ces cadres qui, par profession, se vouent au rationnel. Est-ce pour l'éducation des dirigeants au plaisir du dépla- cement du corps dans l'espace?

La Défense est un parc d'attractions qui s'ignore. Le quartier est déjà structuré comme un parc d'attractions, espace autonome, séparé de l'extérieur par le boulevard circulaire.
 
Ici on jouit de la vitesse des autres. Dans cette fourmilière à ciel ouvert, les visiteurs privilégiés profitent du spectacle des employés de bureau au rythme effréné, stressés et dopés à la caféine, qui s'agitent autour d'eux en tous sens.