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Cet
itinéraire vous offre un aperçu complet de la proche
périphérie parisienne. Vous en ferez le tour complet
sans jamais avoir à marcher, et directement en contact avec
la population locale, à bord de 13 bus. Directement connectés
entre eux, ils vous feront traverser 34 communes.
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This visit provides
a good overview of the inner Parisian suburbs. Using interconnected
public buses, our itinerary is designed so that almost no walking
is required, while putting you in direct contact with the local inhabitants.
Following our route, you will cross 34 separate townships.
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Parcours en bus RATP d’après
une carte
L'agence Nogo Voyages propose ce voyage sous forme d'une carte
explicative accompagnée d'un ticket « Mobilis »
permettant de faire le trajet complet. Cet ensemble est offert.
Nogo Voyages vous offre le billet de bus et le plan, et apprécierait
en échange que vous produisiez une trace de votre expérience
(faites la quête dans le bus, ramenez des échantillons
d'objets ramassés sur le parcours, de discussions avec d'autres
passagers, laissez des traces sur place, notez les réflexions
que vous inspire cette expérience… ou toute autre
proposition). L'agence réunira ensuite les différentes
manières dont a été interprétée
cette proposition de voyage. Les traces pourront se retrouver dans
une prochaine publication.
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Public Bus Tour with a map
If you wish to experience this tour, Nogo Voyages will provide
you with an explanatory map and a « Mobilis »
ticket. In exchange, and since Nogo Voyages produces travels, we
would like the traveller to bring back a trace of his journey. The
nature of this trace is left to the traveller's will, but it has
to constitute a project in itself.
NogoVoyages provides you with your multi-zone bus ticket
and this map and requests in exchange that you keep some record
or trace of your experience (images, sounds, samples, interviews)
or that you leave something along the way. The agency will subsequently
gather together the different ways this request has been interpreted,
and may appear published in the future.
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La figure
de la boucle
La figure de la boucle périphérique est une constante
du discours sur l’agglomération parisienne.
Elle se constitue par opposition à la configuration dominante:
l’attraction centripète de la ville. Développer
un réseau permettant de faire le tour de la proche banlieue
semble être la solution miracle pour lutter contre la logique
de la métropole trou noir où tout s’absorbe
vers le centre, et résoudre du même coup le problème
de déséquilibre centre-périphérie. Il
suffirait d’une simple inversion topologique.
L’incantation à la boucle périphérique
relève de la pensée magique: conjurer la force des
réseaux centripètes par celle des réseaux annulaires:
grands boulevards, boucle ligne 2 - ligne 6 du métro, boulevards
des Maréchaux, Périphérique, A86, Francilienne,
projets de rocade métro, rocade de bus etc.
Mais la boucle atteint un tout autre but. Restant toujours, par
définition, à égale distance de l’attraction,
elle manifeste dans l’espace l’éloignement du
centre: je sais à quelle distance je suis selon l’anneau
sur lequel je me situe. La logique annulaire matérialise
cet éloignement et le fige dans l’espace construit.
Elle ne fait que renforcer la logique centripète et sursignifie
la distance au centre.
Il est donc logique que les cercles successifs des réseaux
se transforment rapidement en enceintes : on habite à l’intérieur
ou à l’extérieur du Périphérique,
de la boucle ligne 2 - ligne 6 du métro ou de l’A86.
Elongation infinie de l'équidistance
C’est cette distance au centre que nous explorons dans ce
voyage : elle reste invariable pendant huit heures (autant que le
permet le réseau RATP), alors que le voyageur est transporté
dans 34 communes, avant de retourner à son point de départ.
Est-il loin du centre? Le trajet est prévu pour rester à
peu près à mi-chemin entre le centre de l’agglomération
et les limites de la banlieue dense : au milieu d’un
anneau périphérique imaginaire ceinturant Paris: ce
que l’on appelle communément la "première
couronne". Le voyage permet de visualiser ce que recouvre cette
expression purement géographique, qui englobe des territoires
très différents les uns des autres. Cela donne une
vision d’ensemble rapide, une peinture à très
grands traits: zones pavillonnaires et grands ensembles; passages
longs et monotones et d’autres beaucoup plus variés
; contraste nord-sud; changements de végétation, de
trame urbaine, de population…
Il s’agit d’un trajet impossible: il n’existe
pas de façon pratique de faire ce tour de banlieue. Cet itinéraire
le force à devenir réel, en modifiant l’usage
des réseaux pour condenser dans le temps d’une journée
des lieux habituellement séparés.
Huit heures sur la route, c’est aussi huit heures à
voir ce qui se passe dans l’espace public.
Mais c’est avant tout un voyage dans le bus lui-même,
puisque ce tour de banlieue s’effectue sans jamais en descendre
(excepté aux arrêts); et donc d’explorer un espace
public très différent de celui de la rue. Le bus est
un microcosme mobile et clos. Un contrat social minimum y est respecté:
les usagers partagent un espace commun, et acceptent la présence
des autres. Le voyageur étranger ne s’y sent pas déplacé:
c’est une manière commode d’entrer à l’intérieur
de la vie quotidienne d’une région. Les 13 bus choisis
assurent des liaisons de banlieue à banlieue, ils sont donc
empruntés en grande majorité par des personnes habitant
à proximité. Chaque bus possède donc une ambiance
locale.
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The figure of the loop
The peripheral loop is a recurring figure of the discourse on Paris
suburbs.
In opposition to the centripetal configuration of Paris, the idea
of a circular network which would allow one to get around appears
as a miracle solution to solve all the problems of the metropolis.
It would provide an alternative to the "black hole" shaped
city, where everything is absorbed by the center. It would solve the
inequality between the core and the periphery... A simple topologic
inversion would suffice.
The invocation of the peripheral loop results from a sort of magical
thinking: conjuring the strength of the centripetal networks by the
strength of the circular networks: grands boulevards, loop-lines 2
and 6 of the subway, boulevards des Maréchaux, Périphérique,
highway A86, Francilienne ring road, projects for subway or bus rings,
etc.
Yet, the loop creates a completely different situation. Since it stays,
by definition, always at the same distance from the center, it manifests
in the territory the remoteness from the center. I know how distant
I am according to the ring on which I stand. This only leads to reinforce
the centripetal logic, to make it even more visible and to freeze
it in the built up space.
Therefore, it is logical that these rings act as surrounding walls:
one lives inside or outside the Périphérique, the 2-6
subway loop or the A86.
Infinite elongation of the equidistance
This travel is an exploration of the distance to the center. It remains
almost constant (as much as the public bus networks allow) during
eight hours, while the traveller is carried through 34 cities, before
to return to his departure point.
Is he far from the center ? The journey stays approximately at
half distance between the center of the agglomeration and the limits
of the dense suburb : in the middle of an imaginary territory
commonly called "first ring". Traveling on this ring lets
one visualize what this purely geographical expression stands for.
It gives a quick but global view of the urban landscape: residential
areas and housing projects; long and monotonous sequences alongside
with varied ones; north-south contrast; changes in vegetation, networks,
population...
The Public Bus Tour is an impossible route: there is no convenient
way to travel along this loop. This itinerary forces it to become
real, by modifying the way networks are used and condensate in the
course of a day places that would normally be separated.
Eight hours on the road is eight hours seeing what happens in the
public space.
Above all, one travels in the bus itself, since one never gets out
of it during the whole tour (except at bus stops). The public space
explored is very different from the one in the street. Public buses
form a mobile and closed microcosmos. A minimal social contract is
respected: its users share the same space and accept the presence
of others in this space. The alien traveller does not feel misplaced.
It is a very convenient way to peek in the everyday life of an area.
Since the 13 buses always connect local destinations, they are used
mostly by people living nearby. Each bus has its own local atmosphere. |